La COP 28 de l'ONU : Enjeux, Dates et Thématiques

📅 Calendrier, localisation et thématique de la COP 28

La 28ème Conférence des Parties sur le Climat de l’ONU (COP 28) se tiendra du 30/11/2023 au 12/12/ 2023 à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis. Les principaux points prévus lors de la COP 28 sont les suivants :

  • Le premier Bilan Mondial (ou Global Stocktake en anglais) de l’action climatique
  • Le programme de travail en matière d’atténuation du changement climatique
  • L’objectif mondial en matière d’adaptation
  • Le financement plus équitable de l’action climatique
  • L’opérationnalisation du fonds pertes et dommages

🔍 Mais, qu’est-ce qu’une COP ?

La COnférence des Parties (COP) est issue du Sommet de la Terre de Rio en 1992, qui a établi la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Depuis 1995, les signataires de la CCNUCC tiennent des réunions annuelles lors des COP pour fixer des objectifs climatiques communs et surveiller la mise en œuvre des mesures prévues. De ce fait, les gouvernements du monde entier travaillent ensemble pour relever les défis liés au changement climatique et visent à prendre des mesures concertées pour y répondre.

💡 Les principaux enjeux de cette COP

Bilan mondial : Etat des lieux depuis la COP 21

La COP 28 s’annonce comme l’un des sommets les plus importants dans la lutte contre le dérèglement climatique. En effet, pour la première fois, les Etats membres devront approuver un « Bilan Mondial » sur les mesures mises en place depuis l’adoption de l’Accord de Paris en 2015 (COP 21). Ce dernier va permettre aux Etats membres et aux parties prenantes, d’évaluer les progrès collectifs en regardant ce qui a été fait pour limiter le réchauffement de la planète à +1,5 °C.

Toutefois, les experts du GIEC ont été clair lors de leur dernière publication : nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire. Pour respecter les Accords de Paris, il faudrait réduire de 43% les émissions mondiales d’ici 2030 et de 84% d’ici 2050. Cette conférence sera l’occasion de corriger la trajectoire et d’accroitre les ambitions afin d’éviter les conséquences du changement climatique.

Selon Simon Stiell, secrétaire exécutif des Nations unies pour le changement climatique, « Le succès du bilan mondial déterminera en fin de compte le succès de la COP28. C’est le moment décisif de cette année, de cette COP et, comme il s’agit de l’un des deux seuls bilans de cette décennie décisive d’action climatique, il sera déterminant pour la réalisation ou non de nos objectifs pour 2030 ».

Les pertes et dommages pour les pays du Sud : La suite ?

Bien que l’accord sur la création d’un fond « pertes et dommages » pour soutenir les pays du Sud, a été classifié comme historique lors de la COP27 d’Egypte, les modalités d’application restent difficiles à obtenir.

Ce fond est supposé équilibrer la lutte contre le changement climatique. L’intérêt serait de faire participer les pays les plus émetteurs à couvrir les dégâts des catastrophes naturelles que les pays les plus pauvres subissent. Cet accord permettrait de limiter leur dette climatique, d’améliorer leur financement à l’adaptation et de renforcer la solidarité avec les pays du Nord.

Qui finance ? Qui en bénéficie ? Quel montant ? 

Le 5 novembre 2023, lors d’un « comité de transition » réunissant 10 pays du Nord et 14 pays du Sud, les négociateurs ont réussi à trouver un accord in extremis. Les Etats Unis, opposé initialement à cette aide si la Chine faisait partie des bénéficiaires, ont fini par accepter tout en gardant des réserves. Les deux présidents ont quand même dû employer la manière forte avec le « take it or leave it » pour arriver à cet accord.

Les pays du Sud qui souhaitaient de prime abord, une mise en œuvre dès la COP 28, restent quand même sur leur faim malgré cette avancée.

Ce « texte de recommandation » prévoit d’établir un fonds pour une durée provisoire de 4 ans au sein de la Banque Mondiale. Alors que les pays en développement demandés une aide de 100 milliards de dollars par an, le texte ne fait malheureusement pas de mention sur l’objectif financier.

Le texte est encore plus flou concernant les bénéficiaires, où un pourcentage minimum d’allocation irait vers les pays les moins avancées. Le dernier mentionne aussi que « l’échelle des impacts des événements climatiques devra être prise en compte », ainsi que les « priorités et besoins des pays développés particulièrement vulnérables aux effets adverses du changement climatique », sans fournir plus de détails.

Malgré ce petit pas pour les pays du Sud, un grand pas reste avec faire selon le président émirati de la COP 28 : « Il est maintenant impératif que nous activions et capitalisions rapidement le fonds », car « le monde n’a pas besoin d’un compte bancaire vide » mais « d’un fonds opérationnel qui puisse réellement faire la différence ».

La sortie des énergies fossiles : Le prince du pétrole Sultan Al Jaber nous sauvera-t ’il ?

En dépit de nombreuses discussions lors des précédentes COP, les énergies fossiles restent un sujet majeur non résolu, bien que leur abandon soit impératif pour limiter le dérèglement climatique planétaire. La COP 28 ne sera pas l’exception. En effet, plusieurs éléments démontrent qu’aucun accord sera signé quant à l’élimination des combustibles fossiles.

En premier lieu, la nomination du Sultan Al Jaber en tant que président dans la COP 28 fait polémique. Il ne se limite pas au poste de ministre de l’Industrie des Emirats Arabes Unis (EAU) mais est reconnu comme « un prince du pétrole » par son statut de PDG de l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC). Ce dernier étant élu via son poste de PDG de Masdar, la société gouvernementale d’investissement dans les énergies renouvelables, il est donc loin de faire l’unanimité. En effet, de nombreuses ONG de protection de l’environnement trouvent inacceptable qu’il puisse détenir ce rôle si important pour l’humanité. Certains même diront que « La COP 28 a perdu toute crédibilité ».

Bien que l’élimination ou la réduction progressive des énergies fossiles soient au cœur des débats, M. Al Jaber, fidèle à sa double-casquette, s’est dit convaincu que la réduction progressive était “inévitable”. Il s’exprime à ce sujet : « La suppression progressive des combustibles fossiles est inévitable et essentielle – cela va se produire. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’on ne peut pas débrancher le monde du système énergétique actuel avant de construire le nouveau système énergétique. Les transitions ne se font pas du jour au lendemain, la transition prend du temps ».

Il affirme que cette transition doit être tributaire de la construction d’un nouveau système énergétique. C’est pourquoi, la présidence vise à faire adopter plusieurs objectifs :

  • Tripler la capacités des énergies renouvelables dans le monde à 11 000 GW d’ici 2030 ;
  • Doubler l’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030 ;
  • Doubler la production d’hydrogène à 180 millions de tonnes d’ici 2030.


Malheureusement, le discours de la présidence se montre dissonant avec les actions du pays où la plus grande compagnie pétrolière du monde Saudi Aramco, appartenant à 90% aux Emirats Arabe Unis, investit bien plus dans de nouveaux puits de forage que dans les énergies renouvelables.

Pour être juste, il convient de noter, que les Émirats Arabes Unis ont été les premiers du Moyen-Orient à annoncer une initiative stratégique « Net Zéro ». Leur deuxième Contribution Déterminée au Niveau National (CDN) vise à réduire les émissions de 93,2 millions tCO2eq.

🤝 Les principales prises de positions

L’UE : chef de file mondiale de l’action pour le climat ?

L’UE souhaite arriver soudée lors de la prochaine COP 28. Teresa Ribera Rodríguez, troisième vice-présidente du gouvernement et ministre de la transition écologique et du défi démographique par intérim de l’Espagne, s’exprime à ce sujet : « Aujourd’hui, nous adressons un message fort à nos partenaires : l’UE est le chef de file mondial de l’action pour le climat. À Dubaï, nous jouerons un rôle de premier plan dans les négociations afin de montrer l’engagement ferme de l’UE en faveur de la transition écologique et d’encourager nos partenaires à suivre notre exemple. L’UE est un moteur du changement et nous devons nous exprimer d’une seule voix sur la scène mondiale. Nous ne pouvons tout simplement pas invoquer les difficultés rencontrées comme un prétexte pour revenir à une situation antérieure à l’accord de Paris »

Malgré cette ambition affichée, tous les sujets débattus doivent trouver un consensus, les arguments clairs en faveur d’une transition vers l’abandon des énergies fossiles, en étant un exemple. Malheureusement, l’Union Européenne ne proposera pas de date fixe car ce point n’a pas été résolu lors des discussions, rapporte Le Monde le 17 octobre 2023.

Lors des négociations, deux grands blocs se sont affrontés. Le premier groupe, mené par l’Allemagne et la France, défend la position d’une élimination sans condition des énergies fossiles. La volonté de ces pays est de positionner l’Europe comme étant le continent le plus ambitieux en matière écologique. Malheureusement, ils se sont heurtés à des pays comme la Hongrie ou l’Italie, qui souhaitaient avant tout protéger leurs industries ne pouvant pas être décarbonées.

Le Chili : chef de file dans la transition vers les énergies renouvelables

Le Chili est un leader dans la transition vers les énergies renouvelables, avec 90 % de son électricité provenant de sources renouvelables.

En effet, la transition énergétique du Chili mérite d’être imitée par d’autres pays. Le pays a prouvé qu’il est possible de passer à une économie basée sur les énergies propres sans sacrifier la croissance économique. L’expérience du Chili est particulièrement importante pour les pays en développement, qui sont souvent confrontés au défi de concilier développement économique et protection de l’environnement.

Lors de la COP28, le Chili partagera son expérience en matière de transition énergétique et d’hydrogène vert avec d’autres pays. Le Chili sera un acteur clé pour le partage de connaissances et de réseautage pour les entreprises, les gouvernements et autres parties prenantes intéressées par la transition énergétique.

Références:

https://www.choisir.com/energie/actualites/194585/energies-fossiles-pas-darret-prevu-pour-le-patron-de-la-cop-28

https://www.huffingtonpost.fr/environnement/video/le-pdg-du-groupe-petrolier-adnoc-va-bien-presider-la-cop28_212652.html

https://www.huffingtonpost.fr/environnement/article/cop28-des-millions-de-soignants-reclament-la-fin-des-energies-fossile-dans-une-lettre-a-sultan-al-jaber_225189.html

https://www.climate-chance.org/comprendre-observatoire/blog-observatoire-mondial/cop28-dubai-ce-quil-faut-savoir/

https://conseils.xpair.com/lettres_expert/bernard-sesolis/cap-prochaine-cop-nouveau-bide.htm

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-fossiles/isr-rse/les-profits-record-de-saudi-aramco-symboles-d-une-economie-mondiale-engluee-dans-le-petrole-151399.html

https://www.centre-presse.fr/article-883171-a-un-mois-de-la-cop-d-apres-negociations-aux-emirats-pour-sauver-un-accord.html

https://greenly.earth/fr-fr/blog/actualites-ecologie/cop-28-conference-de-dubai-tout-ce-que-vous-devez-savoir

https://www.capital.fr/economie-politique/cop28-la-position-commune-de-lue-ne-prevoit-pas-de-date-pour-la-sortie-des-energies-fossiles-1482464

https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2023/10/16/cop28-council-sets-out-eu-position-for-un-climate-summit-in-dubai/

https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7124735810641248256/

https://www.climate-chance.org/agenda/conference-dubai-2023-changements-climatiques-cop-28/

https://www.cop28.com/en/cop28-presidency

https://www.rsedatanews.net/article/article-gouvernance-reglementation-rse-dd-climat–la-conference-de-bonn-ouvre-avec-peine-les-negocia

https://www.rsedatanews.net/article/article-gouvernance-reglementation-rse-dd-climat–a-70-jours-de-la-cop-les-etats-abattent-leurs-cart

https://www.france24.com/fr/plan%C3%A8te/20230605-on-n-a-plus-le-temps-%C3%A0-six-mois-de-la-cop28-la-crainte-d-un-sommet-des-%C3%A9nergies-fossiles

https://unfccc.int/fr/themes/global-stocktake/about-the-global-stocktake/pourquoi-le-bilan-mondial-est-un-moment-critique-pour-l-action-climatique

https://www.rsedatanews.net/article/article-gouvernance-reglementation-rse-dd-pertes-et-prejudices–un-preaccord-fragile-adopte-en-vue-d

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