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title: 'ESRS : ce que le rapport EFRAG 2026 dit vraiment de la maturité des entreprises '
author:
  name: Ambre Thevenon
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date: '2026-07-08T08:18:05+00:00'
modified: '2026-07-08T08:18:36+00:00'
type: post
summary: 'EFRAG a publié son State of Play 2026 sur les pratiques de reporting ESRS. Matérialité, objectifs, climat, gouvernance : que révèle vraiment cette deuxième année de CSRD ?'
categories:
  - Durabilité
  - News
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published: true
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# ESRS : ce que le rapport EFRAG 2026 dit vraiment de la maturité des entreprises 

La CSRD entre dans sa deuxième année d’application. Avec elle, une première vérité terrain commence à émerger. 

Dans son rapport *[State of Play 2026](https://www.efrag.org/sites/default/files/media/document/2026-07/EFRAG_State%20of%20Play%202026_vShared_Layout%20checked%20-%20DD.pdf?utm_medium=email&_hsmi=426607954&utm_content=426607954&utm_source=hs_email)*, l’EFRAG analyse plus de **900 états de durabilité publiés selon les ESRS**. L’objectif n’est pas de commenter la réglementation en théorie, mais d’observer ce que les entreprises produisent réellement : les sujets qu’elles jugent matériels, les données qu’elles publient, les objectifs qu’elles fixent, les angles morts qui subsistent. 

Le constat est plus subtil qu’un simple “les entreprises progressent”. 

Oui, le reporting ESRS se stabilise.   
Oui, les pratiques deviennent plus homogènes.   
Une question demeure toutefois : **les entreprises sont-elles seulement en train de publier davantage**, ou commencent-elles réellement à piloter ce qu’elles déclarent ? 

## 1. “Le reporting ESRS n’est plus une page blanche. Ce n’est pas encore un réflexe.” 

Le premier enseignement du rapport EFRAG est celui de **la continuité**. 

Les entreprises ne repartent pas de zéro. Après une première année d’application, les grandes lignes du [reporting ESRS](https://kshuttle.io/esrs-set-2-reporting-csrd/) commencent à se stabiliser : mêmes standards largement matériels, mêmes sujets dominants, même structuration générale des états de durabilité. 

Le climat, les effectifs propres et la conduite des affaires restent les grands piliers du reporting. Les entreprises comprennent mieux le cadre, ses exigences, ses rituels et ses points de passage obligés. 

Cette stabilité ne signifie pas que le sujet est réglé. 

Elle raconte plutôt autre chose : la CSRD commence à sortir du moment de sidération réglementaire. Les entreprises apprennent à produire. Elles apprennent à organiser leur déclaration. Elles apprennent à parler ESRS. 

La question devient alors : “comment faire de ce rapport un outil utile, lisible, traçable et pilotable ?” 

C’est là que commence la deuxième étape de maturité. 

## 2. “La double matérialité est installée. Reste à savoir ce qu’on en fait.” 

[Selon l’EFRAG](#faq-efrag-double-matérialité), une large majorité d’entreprises a mis à jour son analyse de [double matérialité](https://kshuttle.io/csrd-reporting-durabilite-2026/) pour l’exercice FY2025. Ce signal est important : la DMA n’est plus seulement un exercice inaugural, réalisé une fois pour répondre à une obligation. 

Elle devient un processus vivant. 

Les entreprises ajustent, recalibrent, affinent. Certaines corrigent des incohérences. D’autres revoient leurs seuils, leurs périmètres ou leurs IROs à la suite d’évolutions internes, de changements de scope ou d’opérations de croissance externe. 

Derrière ce mouvement, une question reste centrale : la double matérialité est-elle utilisée comme un véritable outil de pilotage, ou seulement comme une porte d’entrée vers le reporting ? 

C’est toute l’ambiguïté du moment. 

Identifier les sujets matériels est une chose. Les relier à des objectifs, des plans d’action, des responsabilités, des données fiables et des preuves en est une autre. 

La DMA ne peut pas rester une cartographie figée dans un document. Elle doit devenir un mécanisme de gouvernance. 

## 3. “Tout ce qui est matériel n’est pas encore piloté.” 

C’est probablement l’un des chiffres les plus intéressants du rapport. 

Les entreprises identifient** en moyenne 6,4 sujets ESRS matériels**. Elles ne fixent pourtant des objectifs mesurables que sur 3,3 d’entre eux. 

Autrement dit : **près de la moitié des sujets matériels ne sont pas encore associés à des objectifs quantifiés**. 

Ce décalage dit beaucoup de la maturité actuelle du reporting de durabilité. 

D’un côté, les entreprises progressent dans l’identification de leurs impacts, risques et opportunités. Elles savent mieux dire ce qui compte ; cartographier leurs enjeux et organiser leur déclaration. 

De l’autre, la traduction opérationnelle reste incomplète. 

Un sujet peut être reconnu comme matériel sans être encore piloté avec un objectif clair, une échéance, un propriétaire, une donnée suivie dans le temps ou un mécanisme d’arbitrage. 

La CSRD change précisément de nature à cet endroit. 

Elle n’est plus seulement un exercice de publication. Elle devient un test de cohérence entre ce que l’entreprise déclare important et ce qu’elle est réellement capable de suivre. 

## 4. “Le climat domine toujours. La maturité climatique reste inégale.” 

Sans surprise, le climat reste le grand sujet structurant du reporting ESRS. 

La quasi-totalité des entreprises analysées considère le changement climatique comme matériel. Le rapport EFRAG montre aussi une progression nette des plans de transition climatique. 

C’est une bonne nouvelle. Le chiffre, à lui seul, ne suffit pourtant pas. 

Déclarer un plan de transition ne signifie pas nécessairement disposer d’une trajectoire robuste, documentée, alignée, suivie et reliée aux décisions de l’entreprise. 

EFRAG souligne notamment **l’écart entre les entreprises qui déclarent disposer d’un plan de transition climatique et celles qui explicitent des objectifs court et long terme compatibles avec une trajectoire 1,5 °C.** 

En clair : la planification climatique progresse, sans que toutes les entreprises atteignent le même niveau de précision. 

Ce type d’écart deviendra de plus en plus visible pour les auditeurs, investisseurs, régulateurs et parties prenantes. 

## 5. “La donnée existe. Elle reste souvent trop globale.” 

Le rapport EFRAG montre aussi une progression des sujets environnementaux hors climat : pollution, eau, biodiversité, économie circulaire. 

La donnée publiée reste cependant très souvent agrégée au niveau groupe. C’est un point essentiel. 

Sur certains sujets, notamment l’eau, la biodiversité ou la pollution, la localisation compte. Une donnée consolidée au niveau mondial peut être utile pour donner une vue d’ensemble. Elle ne suffit pas toujours à comprendre l’exposition réelle, les impacts locaux ou les priorités d’action. 

C’est tout l’enjeu de la granularité. 

Jusqu’où faut-il désagréger ? À quel niveau publier ? Comment arbitrer entre lisibilité, matérialité, effort de collecte et pertinence de l’information ? 

Ces questions seront centrales dans les prochaines évolutions des ESRS. Elles le sont déjà dans les systèmes d’information. 

Avant même de publier une donnée, encore faut-il être capable de la collecter au bon niveau, de la qualifier, de la relier à une entité, un site, une activité, une période, une source et une piste d’audit. 

## 6. “La gouvernance entre dans le dur.” 

L’édition 2026 du rapport EFRAG introduit aussi un premier regard structuré sur les disclosures de gouvernance, notamment à travers la gestion des relations fournisseurs. 

Une majorité d’entreprises mentionne désormais des critères ESG dans la sélection des fournisseurs. Ces critères restent toutefois souvent formulés à travers des codes de conduite ou des engagements déclaratifs. 

**L’intégration opérationnelle est plus rare** : scoring fournisseur, plans d’action correctifs, mécanismes d’exclusion, suivi dans le temps, pilotage par la performance ESG. 

Même constat sur les délais de paiement spécifiques aux PME, très peu publiés. 

La raison est intéressante : ce n’est pas seulement une question de volonté. C’est aussi une question de système. 

Beaucoup d’entreprises ne disposent pas encore d’ERP ou de référentiels fournisseurs capables d’identifier facilement les PME, de segmenter les conditions de paiement ou de produire des informations exploitables au bon niveau de détail. 

La gouvernance durable n’est donc pas seulement une politique.   
C’est aussi une infrastructure de données. 

## 7. “La prochaine étape n’est pas de produire plus de reporting. C’est de produire du reporting utile.” 

À travers ce rapport, l’EFRAG ne dit pas que les entreprises échouent. Il montre plutôt qu’elles sont au milieu du gué. 

La **première étape** consistait à publier selon les ESRS. Cette étape est en cours d’installation. 

La **deuxième** consiste à fiabiliser, expliquer, piloter et utiliser les informations publiées. Cette deuxième étape est plus exigeante. 

Elle suppose de connecter les équipes RSE, Finance, Risques, Achats, RH, Juridique et Opérations, mais aussi, de sortir d’une logique de fichiers dispersés. Elle suppose de structurer les données, les contrôles, les workflows, les responsabilités et les preuves. 

Chez kShuttle, c’est précisément notre conviction : la **CSRD ne se résume pas à produire un état de durabilité**. 

Elle impose de construire une capacité durable à piloter l’information extra-financière dans le temps. 

**Avec [CSR Insight sur ExRP®](https://kshuttle.io/solutions/csrd-reporting/), nous aidons les organisations à structurer leurs campagnes de collecte, fiabiliser leurs données ESG, sécuriser les contrôles, documenter les arbitrages et préparer un reporting traçable, auditable et exploitable. **

## FAQ – Rapport EFRAG 2026 et maturité ESRS

Que montre le rapport EFRAG State of Play 2026 ?  
Le rapport analyse les pratiques de reporting ESRS sur la deuxième année d’application de la CSRD. Il observe comment les entreprises structurent leurs états de durabilité, quels sujets elles jugent matériels, comment elles utilisent la double matérialité, quels objectifs elles fixent et où subsistent les principaux écarts de maturité. 
  Quel est le principal enseignement du rapport ?  
Le reporting ESRS se stabilise, mais le passage du reporting au pilotage reste incomplet. Les entreprises savent de mieux en mieux identifier et publier leurs sujets matériels, sans que tous ces sujets soient encore associés à des objectifs, des indicateurs, des responsabilités ou des mécanismes de suivi.
  Pourquoi la double matérialité reste-t-elle centrale ?  
La double matérialité détermine le périmètre du reporting de durabilité. Elle permet d’identifier les impacts, risques et opportunités les plus importants pour l’entreprise et ses parties prenantes. Son intérêt dépend ensuite de sa capacité à nourrir des décisions, des plans d’action et un pilotage dans le temps. 
  Que dit le rapport sur les objectifs ESG ?  
EFRAG observe un décalage entre les sujets déclarés matériels et ceux effectivement couverts par des objectifs mesurables. Cela montre que la maturité du reporting ne se mesure pas seulement à la capacité de publier, mais aussi à la capacité de traduire les enjeux matériels en pilotage opérationnel. 
  Pourquoi la donnée ESG reste-t-elle un enjeu majeur ? 
Le reporting ESRS repose sur des données nombreuses, hétérogènes et souvent issues de plusieurs métiers, entités, pays ou systèmes. Pour être utile, la donnée doit être fiable, traçable, contextualisée, contrôlée et disponible au bon niveau de granularité. 
  Comment kShuttle accompagne les entreprises sur la CSRD ?  
Avec CSR Insight sur ExRP®, kShuttle aide les organisations à structurer leur reporting ESG et CSRD : campagnes de collecte, workflows de validation, contrôles, audit trail, consolidation des données, suivi des indicateurs et préparation des reportings de durabilité. 


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